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Le caviste / Carnets de voyage – Vallée du Rhône, partie 1

Notre première visite de l’année est consacrée comme souvent à la vallée du Rhône Septentrionale, terre d’élection de la Syrah, du Viognier, de la Roussanne et de la Marsanne. Nous sommes impatients de goûter ce millésime 2016 dont on parle tant dans la région, et qui suit le très médiatisé 2015 que nous avons dégusté plusieurs fois déjà. Nous sommes heureux parce que notre région de prédilection affiche à son compteur une série impressionnante de millésimes très, très réussis… Huit millésimes à la file, je n’ai jamais connu cela en 30 ans de carrière…

Petit retour en arrière :

2009, l’année solaire : des vins riches, puissants, gorgés de soleil et de fruit. Le vin, bien balancé malgré sa charpente tannique, commence peu à peu à se révéler et à laisser entrevoir que son charme n’a rien à envier à sa musculature !

2010, l’année parfaite : tous les superlatifs ont été utilisés (parfois un peu exagérément) pour qualifier cette très grande année. Le défi de ce millésime était l’équilibre suprême, le Graal du vigneron… beaucoup d’appelés, mais tous n’ont pas été élus . Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir, il y a pas mal de super vins combinant pureté, balance, soyeux, fraîcheur et potentiel. Comme la Belle au Bois Dormant, le 2010 est actuellement plongé dans un profond sommeil (à quelques exceptions près) et attend son Prince Charmant (lequel est en guindaille du côté d’années plus accessibles)

2011, l’année chatoyante : Dès sa naissance le bébé était joufflu ! Un millésime beaucoup plus facile que les précédents, tendre, soyeux, savoureux, un régal à boire jeune sur sa netteté et sa facilité, ce qui n’empêchera pas une garde certaine. D’ailleurs, il est assez muet pour l’instant, mais sa plénitude compense. On devine le potentiel, on le sent, et je vois poindre le début de sa période de maturité après l’été.

Une bouteille exceptionnelle est née en cette année 2011 : en Côte-Rôtie Jean-Paul Jamet a réussi un tour de force, un véritable Ovni, rayonnant de classe et de raffinement, les anglo-saxons utilisent pour cela un terme qui va comme un gant à cette bouteille : « mind blowing »… on en reparlera, et bienheureux les détenteurs de ce millésime….

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2012, l’année classieuse : on ne s’y attendait pas vu la climatologie du millésime, mais force est de reconnaître que cette année est de celles qui déjouent tous les pronostics. Les syrahs de 2012 sont aujourd’hui de petites bombes de plaisir, de précision et d’équilibre, prélude du bombardement qui va suivre avec les millésimes 2014 et 2016… Une matière d’une grande suavité, une longueur rafraîchissante et de la dentelle en bouche, dégustez les dès maintenant et espérons que les arômes éclatants le restent encore longtemps.

2013, l’année classique : l’année est austère, costume-cravate noir et pompes cirées… mais pas sans intérêt pour la cause. Tout est en place mais corseté. Quelques prémices de civilité sont en train de se mettre en place. C’est typiquement le millésime où la fenêtre d’ouverture du vin (le moment où on pourra le boire) est plus difficile à déterminer car elle risque de fluctuer pendant quelques temps avant l’épanouissement du vin.

2014, la belle année : un résumé simple mais très proche de la réalité serait de dire que cette année est un copier-coller du millésime 2012, mais en caractère gras… Une approche identique donc, avec un côté plus charnu qui donnera à ce millésime une structure présente, solidement campée sur une délicatesse qui se devine plus qu’elle ne se montre pour l’instant. Quelques années d’attente seront nécessaires au plein épanouissement de cette très belle année gourmande.

Nous arrivons donc sur place le dimanche soir où nous dormons à notre QG habituel, les Amandiers à Tournon. Comparée à Tain-l’Hermitage et à Tournon le dimanche soir en janvier, l’abbaye d’Orval ressemble au centre de Liège un soir de week-end…Comme le disait Coluche, pas un troquet, pas une mobylette… Ne parlons même pas des restaurants !

En plein milieu d’une zone infestée de touristes traquant la moindre bouteille d’Hermitage qui traîne, nous nous retrouvons dans un véritable désert gastronomique, et c’est ainsi que nous voilà attablés dans une pizzeria (pizzas à emporter hein, ne rêvons pas…) avec un pichet de vin de pays d’Ardèche en bag-in-box…et on viendra nous dire qu’on fait un beau métier

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