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Chroniques du vin et des vignobles : le Beaujolais nouveau

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L’acidité du Beaujolais nouveau se marie avec bonheur à la plume tout aussi acide de Jean-φ en ce pluvieux mois de novembre. Suivez l’expert et ses humeurs…

Lorsque que vous vous attablerez en ce mois de novembre peut-être sur un timide coin de terrasse à la faveur d’un été indien tardif ou d’une période estivale précoce, l’époque veut que personne ne sache plus vraiment.

Soit, il est un jour sacré que vous devez impérativement préparer : l’auguste troisième jeudi du mois qui voit comme chaque année le lancement d’un des produits phares made in Franchouillard, à savoir le Beaujolais nouveau.

Que celui qui n’est jamais tombé dans ce traquenard annuel alambiqué reste debout… Commençant somme toute comme une dégustation de pseudo œnologue dans un déboire de cérémonies alambiquées, la conclusion ressemblera plus que probablement à la dernière des ripailles digne du mariage orgiaque de l’oncle Georges aux premières lueurs de l’aube, où le quidam héroïque aura enfin identifié le légendaire goût de banane.

Pourtant, les inconditionnels du cru sont légions et n’en démordent pas, malgré les gueule de bois, le brûlant garanti, et les « jamais plus » de pochetrons repentants se tordant de douleur au réveil d’un vendredi sans fin.

 

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Photo by Keizo Mori/UP

 

Ce n’est certes pas nos amis du soleil levant ou du matin calme qui les contrediront. En effet, le Japon et la Corée importent plus de la moitié de la production du tirage, soit un sixième du volume annuel de l’ensemble du vignoble ! Ils en ont d’ailleurs fait un événement gastronomique incontournable à un prix relativement modique au vue des taxes d’importation lourdes dans ces contrées où le vin est rare.

Notons également qu’ils en ont la primeur, fuseau horaire oblige, et lancement commercial orchestré, nos amis couleur miel seront les privilégiés ce 17 novembre 2016 et mettront donc leurs papilles et leurs estomacs à l’épreuve de la nouvelle cuvée de Beaujolais nouveau.

Sous nos latitudes, la diversité et la qualité nous pousse depuis longtemps à négliger ce petit vin sympathique à la réputation sulfureuse (voire sulfateuse). C’est bien connu, chatte échaudée craint la vodka…Chat tourneboulé craint le beaujo…

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Lancement du Beaujolais nouveau en 2006 // PhotoNews©

 

Cela dit, il y a bien entendu des impairs à ne pas commettre, des petits pièges à éviter impérativement quand vous vous rendrez à l’estaminet du quartier arborant fièrement l’inévitable carton annonçant l’arrivée du litron.

Principalement, ne pas oublier de manger avec la dégustation et de préférence des mets assez rustiques, les pâtés, terrines et andouillettes feront des merveilles et aideront à oublier la rudesse de ce vin encore vert, sublimeront le côté acide et fruité du Gamay et favoriseront la digestion des tanins agressifs issus de la macération carbonique. Évitez les sushis, si vous ne voulez pas que le souci du lendemain se déplace au niveau de VOS tripes…

 AOC depuis 1951, il est difficile de ne pas sentir la volonté du terroir français de célébrer leur libération.

Autrefois fête des vignerons locaux à la fin des récoltes, le beaujolais nouveau à depuis dépassé largement son statut de piquette bourguignonne, grâce à un savoir-faire commercial indéniable et un rendement de production constant, ce qui explique le prix raisonnable de l’unité.

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Vue des vignobles de Beaujolais // Patrick Forget – Sagaphoto©

 

Saluons donc cette gouleyante mode bibitive finalement empreinte de beaucoup de nostalgie, et notons au passage que la région fait également la part belle à un autre cru annuellement célébré : le Saint-Amour… Preuve si c’était encore nécessaire de la faculté des bourguignons à saisir les opportunités et créer des standards qui se dégustent idéalement avec un bon petit plat lyonnais de cochonnailles, mais dont les sots ont fait le fossoyeur des nuits romantiques post-hivernation.

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