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Chroniques du vin et des vignobles : Gigondas

gigondas - terrasse

Parlons un peu de Gigondas.

Trois heures de l’après-midi, je me laisse aller à la rêverie en détaillant le magnifique paysage du Haut-Vaucluse. Des monuments de l’antique Orange au pittoresque de Vaison-La-Romaine, des vignobles à perte de vue, une évocation de ce que les côtes du Rhône font de mieux. Au volant mon ami Pierre ronchonne, après trois dégustations sur les abords des petites départementales sillonnant les vignes, des achats plutôt dictés par une gêne certaine de repartir sans produit après des présentations sommaires mais généreuses, l’appel du ventre se fait ardemment sentir.

Nous passgigondas - view Chroniques du vin et des vignobles : Gigondasons Vacqueyras où les restaurants ouverts se font rares et le rituel de la sieste reste de rigueur dans toute la vallée, les alpes naissantes sur notre droite n’annoncent rien de bon en terme de  possibilité de ravitaillement. Château-neuf a tout du village fantôme, les épiceries locales sont en veille jusqu’à cinq heures. Dans la région on ne badine pas avec les horaires.
Mon regard s’attarde sur les fabuleuses dentelles de Montmiraille, et je l’aperçois perché sur ces blancs rochers, accroché à quelques dizaines de mètres surplombant le domaine: Gigondas majestueux dans son écrin de roches. Sceptiques, nous nous risquons à un détour désespéré vu l’heure et une saison qui ne bat pas vraiment son plein.

vacqueyras - cave Chroniques du vin et des vignobles : GigondasNous sommes surpris par le côté escarpé pour entrer dans le village, puis une féerie de verdure s’offre à nous, cinq restaurants se partagent la petite place sous les platanes de juillet, et un petit mistral salvateur s’invite afin de parfaire le cadre enchanteur de cette improbable oasis culinaire. Nous nous installons avec empressement au coin d’un établissement face à la vallée, le cadre est sobre, immaculé, la carte postale de vacances.

sainte catherine Chroniques du vin et des vignobles : GigondasLe menu est à l’image de l’établissement simple, mais savoureux et varié, une belle démonstration de ce que le terroir fait de mieux loin des falbalas destinés aux touristes lambda. Et les vins…Une divine symphonie. Gigondas a une longue tradition viticole, sa reconnaissance d’excellence n’est plus à prouver. Nous nous laissons faire, j’apprends que Gigondas vient de « Joconditas » qui signifie « joyeux employé » d’ores et déjà sous le joug romain.

Nous fîmes donc honneur au patronyme. Une cuvée « Le Penchant » de Vacqueyras savamment acidulé aux notes florales pour accompagner un canard rôti et pêches flambées au vieux marc de Gigondas et un « Sainte Catherine » de 2009 dont le restaurateur me pointe le domaine en contre-bas.

Le prix est sans appel oscillant entre 25-35 euros la bouteille, soit la moitié du prix que l’on nous propose généralement au plat pays à qualité égale. À ce tarif, dans ce cadre, l’enchantement nous poussa à monopoliser la table jusqu’au service suivant, je vous garantis que nous fûmes « Joconditas » jusqu’au bout de la nuit.

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